Le marathon présidentiel se termine en course d’évacuation Le marathon présidentiel se termine en course d’évacuation

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Le marathon présidentiel se termine en course d’évacuation

Le marathon présidentiel se termine en course d’évacuation

Taille de la police:
image

Le président Jovenel Moïse a été évacué en catastrophe vendredi 22 septembre en début d’après-midi après qu’une manifestation en sa faveur eut essuyé des jets de pierres et tourné au vinaigre. Cette manif, partie de l’aéroport Toussaint Louverture en direction du Palais national, était annoncée par ses proches comme une promenade de santé pour célébrer son retour après son discours à l’ONU.

À la tribune des Nations unies, Jovenel Moïse avait déclaré que l’année 2017 marquait incontestablement une rupture avec l’instabilité. Ce vendredi, ayant laissé l’enceinte feutrée de l’ONU, Jovenel Moïse a renoué avec le soleil et la chaleur de sa terre. Quelques dizaines de minutes auront suffi pour que le raccord de son vœu avec le « ce qui est » vole en éclats. En effet, une manifestation en sa faveur a tourné au vinaigre alors que son cortège s’approchait du Carrefour de l’aéroport. Jovenel Moïse et ses sympathisants ont essuyé des jets de pierres non loin du viaduc construit sous l’administration de son mentor, Michel Martelly. Les agents de l’ordre, présents dans plusieurs artères de Delmas et de Port-au-Prince ce vendredi, ont dû faire usage de gaz lacrymogène, de canon à eau acidulée et de tirs nourris pour tenter de contrôler la situation. Le branle-bas qui s’en est suivi a contraint les agents de sécurité du chef de l’État à l’évacuer en catastrophe.

Plus tôt dans la journée, le président Moïse, à sa sortie du salon diplomatique, a pris un bain de foule au milieu de ses sympathisants venus le saluer. Galvanisé par une ambiance de carnaval, à l’insistance de ses supporters, l’originaire du Trou-du-Nord a accepté de longer Delmas vers le Palais national à pied, sur le macadam. Ses partisans, chauffés à blanc, n’ont pas manqué de lancer des piques à l’opposition. « Bidjè pibliye, li pibliye l, li pibliye l nèt », scandaient-ils, comme pour dire que le président a publié son budget, point barre. « Nous exprimons notre solidarité au président Jovenel pour qui nous avions voté aux élections. Nous n’allons pas nous laisser intimider», balance l’un d’entre eux. Un peu plus loin, une quadragénaire, tempes grisonnantes, mégaphone en main, loue Jovenel Moïse et son budget.

« Ce président ne crée pas de problèmes. Il ne fait qu’apporter des solutions », estime-t-elle.

Des anciens militaires des FAD’H, eux aussi, ne sont pas en reste.

Se réclamant du clan Tèt kale, plusieurs dizaines ont été remarqués à l’entrée du salon diplomatique. En treillis militaires, ils ont fait le déplacement en signe de solidarité envers le président qu’ils disent encourager. « Nous sommes venus lui dire que nous sommes avec lui», relate le sergent David Normé, soulignant que les anciens militaires sont aussi présents pour assurer la sécurité du premier mandataire de la nation. Sur la question de savoir avec quels moyens entendent-ils « sécuriser » le président, David Normé n’a pas voulu être plus explicite. « Nou nan lari a. Nou kwè se te yon defi opozisyon an te bay. Nou menm nou di non. Fòs rezèv la debake an chango », fait-il savoir. Le journal a constaté quelques armes de poing dissimulées sous les t-shirts de certains « soldats ».

Si ces anciens militaires ont pu se rendre jusque devant le salon diplomatique de l’aéroport et accompagner le président dans sa démonstration de force, le ministère de la Défense n’a pas manqué de monter au créneau et de condamner leur initiative. Dans une note de presse publiée en début d’après-midi, le ministère dit avoir appris que des individus armés portant des uniformes militaires de type camouflage avec inscription Forces armées d’Haïti ont été remarqués. Se réclamant de l’institution militaire, poursuit la note, ils ont investi les abords de l’aéroport Toussaint Louverture dans la matinée de ce vendredi en vue d’exiger le rétablissement des FAD’H à l’occasion du retour du président de la République, Jovenel Moïse.

« Le ministère de la Défense tient à préciser pour le public en général et la presse en particulier qu’il condamne toute initiative de ce genre visant à jeter la confusion et à hypothéquer l’avenir de la nouvelle force de défense que le pays entend rebâtir sur des bases solides afin de la rendre capable de lutter efficacement contre les effets des catastrophes naturelles. De plus, le ministère rappelle à tous qu’il est l’unique organe chargé par la loi d’appliquer la politique du gouvernement en matière de défense », conclut la note.

La version du Palais national

Le président de la République, selon une note de la présidence, son Excellence Monsieur Jovenel Moïse, à sa sortie de l’aéroport international Toussaint Louverture est descendu saluer des citoyennes et des citoyens venus l’accueillir. Il a marché avec eux durant une partie du trajet devant le conduire à sa résidence privée.

Au niveau du boulevard Toussaint Louverture et de la route de Delmas  (Carrefour aéroport), après le passage du président, des individus embusqués dans la zone ont tiré plusieurs coups de feu et des jets de pierres en direction de la grande foule qui *le* suivait.

Le chef de l’Etat, qui se trouvait déjà dans sa voiture, a déploré cet incident qui s’apparente aux actes violents et anti-démocratiques perpetrés dans la journée du 12 septembre. Il a instruit le ministre de la Justice et les forces de l’ordre afin de continuer à protéger les riverains ainsi que leurs biens.

La Présidence condamne cette nouvelle atteinte à la paix et à la propriété et enjoint les commanditaires et auteurs à se ressaisir. Elle rappelle que ces actes ne sauraient avoir d’autres finalités que la perpétuation de la misère et le sous-développement et que seule l’expression pacifique des opinions est admissible dans notre démocratie.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »