Manifestation Arcahaie:Facture sale du decret de l’ex Presisident Michel J. Martelly

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Manifestation Arcahaie: Facture salée du décret Martelly

imageCamion Incendiée Arcahaie

La colère gronde à l’Arcahaie et la CCIO s’indigne que commerçants, usagers haïtiens et étrangers de la nationale # 1 paient, une fois de plus, le prix fort à cause de cette crise provoquée par le décret de l’administration Martelly/Paul élevant au rang de commune Montrouis au détriment de l’intégrité territoriale de la cité du drapeau.

Manuel Desquiron, P.D.G. de Euroceram Plus SA, ne décolère pas. Et pour cause. Ce matin, à Saintard, non loin de l’Arcahaie, un de ses camions, « assurant la livraison de 30 000 dollars US de marchandises » à un client basé aux Gonaïves, a essuyé des tirs, a été intercepté, immobilisé, arrosé de gazoline et incendié par une vingtaine d’hommes en colère armés avec des armes automatiques, confie au journal Manuel Desquiron, selon le récit de l’incident fait par son chauffeur. Le chauffeur et les employés à bord du véhicule ont heureusement eu la vie sauve, a expliqué le patron de Euroceram. « La police et la Minustah n’étaient pas loin. Mon chauffeur leur a demandé de l’aide pour éteindre le feu parce qu’ils avaient des extincteurs. Ils n’ont pas réagi », a-t-il indiqué.

«On nous demande d’investir de l’argent dans ce pays. On nous demande d’améliorer l’existant. J’ai investi plus d’un million de dollars dans ma compagnie. C’est frustrant ce qui arrive », a dit l’homme d’affaires, qui refuse de ne plus servir sa clientèle en province même si son cœur bat la chamade quand il y a des livraisons hors de Port-au-Prince. « Je suis sur une chaise roulante après un accident. Ce n’est pas cela qui va me décourager. Je continue ma bataille et je continuerai à envoyer mes camions en province. Je vais faire le nécessaire pour les suites légales », a dit Manuel Desquiron, qui a confié sa « grande frustration ». « Je pense qu’il est temps que le secteur privé réagisse et exprime sa colère envers les dirigeants qui ne font pas leur travail », a insisté le P.D.G. de Euroceram Plus SA.

CCIO indignée, conseille, en appelle aux autorités

En milieu de journée, une association du secteur privé est sortie de son silence pour crier son indignation. La Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest (CCIO), dans une note rendue publique, le mercredi 8 mars, s’est dite « indignée par la destruction et les dommages causés aux véhicules, aux marchandises et autres biens » ces derniers jours au niveau de la route nationale, à hauteur de l’Arcahaie. De telles tensions « causent des torts irréparables au commerce et au tourisme aussi bien à l’Arcahaie qu’au pays tout entier », a poursuivi la note du CCIO qui « reconnaît à tout citoyen et groupement de citoyens le droit de revendiquer et de manifester », mais « dans le respect de l’ordre public et des droits des citoyens et visiteurs étrangers ».

La CCIO appelle la population archeloise au « sens de la mesure » et incite les usagers de cet axe reliant Port-au-Prince aux départements de l’Artibonite, du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest à la prudence. La CCIO, qui note que la route nationale sera bloquée jusqu’à nouvel ordre, s’est tournée vers les autorités. La CCIO, a conclu la note signée par Me Kim Sassine, directrice exécutive, « exhorte les autorités publiques à s’impliquer dans la résolution pacifique et prompte de ce conflit et à prendre  toutes les mesures prévues par la loi pour garantir la sécurité des vies et des biens ».

Mesures exceptionnelles de la PNH, responsabilité à assumer par le président Jovenel Moïse, le Parlement et les maires

Le ministre de la Justice du gouvernement sortant, Me Camille Édouard Junior, a évoqué la possibilité d’une réunion du CSPN sur la situation à l’Arcahaie. Mais, entre-temps, le ministre a confié au journal qu’il a instruit le directeur général de la PNH afin « de prendre toutes les mesures, même celles exceptionnelles, en vue de renforcer cet axe » de St-Marc à Titanyen, à l’entrée de Port-au-Prince. La réponse au problème devra être à la fois institutionnelle et politique, a souligné le ministre de la Justice, Me Camille Édouard, rappelant que c’est de manière unilatérale que le président Michel Martelly avait pris ce décret qui pose problème. Les autorités locales doivent être au cœur de la recherche de la solution, a estimé Me Camille Édouard Junior, soulignant que cette question de délimitation est très complexe.« Il revient au président de la République et au Parlement de trancher la question », a-t-il indiqué.

« Ce qui se passe est un problème créé de toutes pièces par l’ex-président Michel Martelly, l’ancien Premier ministre Évans Paul et des acteurs du secteur privé »,  a fulminé, off the record, un observateur de ce dossier, estimant que « le pays est foutu » après avoir observé le comportement de certains maires.

Le conseiller spécial du chef de l’État, Guichard Doré, avait lundi souligné que le décret est au Parlement pour les suites. Il peut le conserver ou l’abroger. « On attend le Parlement », avait poursuivi Guichard Doré, qui indique qu’il revient aux forces de l’ordre de s’assurer de la circulation des personnes, des biens et la protection des droits des manifestants.

Il ne revient pas seulement au Parlement de se pencher sur ce dossier, avait insisté le sénateur de l’Ouest, Patrice Dumond, qui, avec l’autre sénateur du département, Jean Renel Sénatus, a rencontré des représentants de l’Arcahaie et de Montrouis. Des parlementaires de l’Ouest, de l’Artibonite, d’autres élus, le CIAT, un représentant de la présidence doivent participer à l’effort de pacification pour ne pas renvoyer les deux communautés dos à dos, a souligné Patrice Dumond. Il a indiqué avoir abordé ce dossier avec le président de la République, Jovenel Moïse.

L’incident de ce mercredi intervient après d’autres. Il est rapporté dans la presse que plusieurs personnes, des manifestants, résidents de Arcahaie, avaient été blessés par balle par la police. D’un autre côté, des véhicules de transport en commun ont été attaqués et d’autres tagués. Des membres de la population n’en démordent pas. Ils veulent l’annulation du décret de Martelly élevant Montrouis au rang de commune avec une nouvelle délimitation érodant sur le territoire de la commune de l’Arcahaie.

MICHELET S. COQ

GAZETTE-INFO

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