Jovenel Moïse présente son premier ministre à la nation 25/02/2017 07:33:00La Redaction image

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Jovenel Moïse présente son premier ministre à la nation

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Le président de la République a présenté officiellement au pays et à la communauté internationale le Premier ministre qu’il a nommé en milieu de semaine. Dans une cérémonie vendredi au Palais national, Jovenel Moïse et Jack Guy Lafontant ont promis de faire la différence tout en étant « deux inconnus » à la tête du pays.

Investiture, présentation à la nation, confusion…La présidence s’est emmélé  les pinceaux dans ce qui devrait être, vendredi au Palais national, la première apparition publique du Premier ministre nommé. En présence de certains membres du corps diplomatique, des sénateurs proches du pouvoir, des membres de PHTK et de quelques ministres du gouvernement sortant, Jovenel Moïse met Jack Guy Lafontant, son Premier ministre, au-devant de la scène et les parlementaires face à leur responsabilité.

Après la catastrophiques cérémonie du 7 février le palais a commis un nouvel impair de protocole ce vendredi. Dans un premier temps, il a été question de l’« investiture » du Premier ministre nommé au Palais national. Dans la lettre d’invitation, le chef du protocole de la présidence, Yves Mazile, demande à la secrétaire générale de la Primature d’informer le Premier ministre et les ministres sortants de l’investiture de M. Jack Guy Lafontant au Palais national. Quelques heures après, l’ambassadeur Mazile rectifie en parlant de présentation à la nation au lieu d’investiture de M. Lafontant.

Jovenel Moïse justifie le choix de Jack Guy Lafontant, un inconnu…

C’est le chef de l’État qui a d’abord pris la parole en premier pour justifier son choix de Premier ministre. Le chef de l’État a dit vouloir présenter son Premier ministre à la nation avant l’énoncé de sa politique générale au Parlement. « Vous m’avez fait confiance et voté avec une majorité absolue de 55,60% (NDLR : il est élu avec 590 927 votes avec un électorat de plus de 6 millions d’électeurs). Je vous demande de continuer à me faire confiance », a-t-il poursuivi.

« J’ai fait choix du Dr Jack Guy Lafontant parce que c’était l’un des membres de cette éminence grise travaillant derrière moi. Il a fait presque toute la campagne avec nous pendant les 22 mois. J’ai fait choix de cet homme silencieux comme moi j’étais un inconnu », a expliqué le chef de l’État en rappelant ce que les gens disaient de lui en mal en 2015 lorsque son mentor, le président Michel Martelly, avait fait choix de lui pour être le candidat à la présidence du PHTK.

Selon l’entrepreneur agricole, « la majorité silencieuse a raison aujourd’hui ». Lui, chef de l’État, et Jack Guy Lafontant, Premier ministre. Deux inconnus au plus haut niveau de l’État au point que Jovenel Moïse semble l’assumer avec une certaine fierté. « Je veux que la politique se fasse maintenant entre le blanc et le noir, pas le gris. Il faut cesser cette méfiance dans la politique en Haïti », a-t-il dit.

Dans un discours visiblement improvisé, Jovenel Moïse a promis de renforcer les institutions, de mettre le pays sur les rails de la stabilité « qui est pour lui le premier des biens publics ». Le président a loué sa collaboration avec le gouvernement sortant tout en promettant de ne pas faire la chasse aux sorcières dans l’administration publique. Il a donc promis de former un gouvernement d’ouverture, d’union nationale et de compromis. « Tout le monde va avoir sa place », a-t-il tenté de rassurer.

Le locataire du Palais national a appelé la communauté internationale à être plus que des observateurs mais des acteurs dans le développement du pays. « Vous êtes tous fatigués avec des projets pilotes. Vous voulez voir des choses structurantes comme chez vous… », a-t-il avancé.

Le chef de l’État se présente comme un président serviteur qui est là pour résoudre dans le pays les problèmes de l’énergie, des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de la maîtrise et la gestion des eaux de surface…

S’agissant de ses relations avec le Parlement contrôlé  par son parti politique le PHTK et ses alliés, Jovenel Moïse a donné la garantie que les sénateurs et députés joueront leur rôle qui est de contrôler l’exécutif. « Mais contrôler ne veut pas dire se battre… Nous devons sortir l’État de la rue », a déclaré le chef de l’État.

Cette génération, a-t-il dit à ses amis sénateurs qui assistaient à la cérémonie, n’a qu’un seul choix. Celui de réussir.

Pour le pouvoir judiciaire, Jovenel Moïse qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « soupçon  de blanchiment des avoirs », selon un rapport de l’UCREF, a indiqué que sans une collaboration entre les trois pouvoirs, il ne peut y avoir d’administration publique. « Je suis prêt à travailler avec vous… », a-t-il lancé  en s’adressant directement au président du CSPJ présent au Palais national en la irconstance.

Aux partis politiques, Jovenel Moïse a déclaré qu’il ne peut avoir de démocratie sans l’opposition. « L’opposition est indispensable, mais elle doit être productive. Nous ne pouvons pas avoir une opposition stérile qui bloque la marche de l’histoire », a-t-il tancé.

Jack Guy Lafontant : être choisi comme Premier ministre, un honneur mais pas  un cadeau

Pour Jack Guy Lafontant, c’est un honneur d’avoir été choisi par le chef de l’État pour conduire le gouvernement. « C’est un honneur certes, mais ce n’est pas un cadeau. C’est une responsabilité, car je sais qu’en acceptant de servir mon pays, de grands défis m’attendent », ses premiers mots en public et devant les caméras et les micros de la presse haïtienne et étrangère.

Le Dr Jack Guy Lafontant a fait savoir qu’après l’énoncé de sa politique générale au Parlement, il va se mettre au travail pour accorder l’urgence aux 100 premiers jours du gouvernement Moïse-Lafontant et commencer les grands chantiers de développement que « le président a présentés à la nation ». Dans la mesure du possible, il a promis de réaliser toutes les promesses de campagne de son bienfaiteur, le président.

Pour atteindre cet objectif, le médecin a appelé à une sincère et franche collaboration avec les parlementaires qu’il se doit d’abord de convaincre pour ratifier sa politique générale. « J’espère qu’ils voteront la politique générale que je vais leur présenter bientôt », a-t-il souhaité.

« Nous allons nous évertuer à faire d’Haïti une terre plus que jamais propice aux investissements et aux affaires », a promis le Premier ministre nommé.  Avant lui, le gouvernement Lamothe parlait d’une « Haïti open for business ». « Je promets d’être un homme d’ouverture, un Premier ministre rassembleur pour faire mienne la devise de mon pays : L’union fait la force », a-t-il affirmé.

Né et élevé dans une famille chrétienne anglicane, selon ce qu’a dit le Premier ministre nommé, il a imploré le secours « du Dieu trinitaire pour qu’il lui accorde la grâce nécessaire afin d’endosser aux côtés  du président de la République les lourdes responsabilités du pays », a-t-il dit avec une voix crispée presque en larmes.

Les grands absents à la cérémonie

On ne pouvait ne pas remarquer l’absence du Premier ministre sortant, Énex Jean-Charles, à la cérémonie de présentation du Premier ministre nommé. S’il y avait quelques sénateurs présents à la cérémonie, les présidents de deux branches du Parlement ont par contre brillé par leur absence. Certains influents ambassadeurs comme Peter F. Mulrean des États-Unis, Caldwell St-Onge du Canada et la cheffe civile de la MINUSTAH, Sanda Honoré, n’ont pas pris part à la cérémonie de présentation du Premier ministre nommé Jack Guy Lafontant.

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